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 Tokyo, ville de lumière [PV Yaren]

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So Yi Joon

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MessageSujet: Tokyo, ville de lumière [PV Yaren]   05.04.09 14:26

En ce moment, Tokyo dort encore. Partout, la ville devenue prison dorée est surveillée, mais cette fois en silence. Du moins jusqu’à ce que l’heure de réveil soit annoncée partout, dans ces voix d’ordinateurs si froide et grésillante qu’on prie pour être déjà levé avant qu’elles ne retentissent. Assis sur le toit de plus haut immeuble de la ville, les jambes pendante dans le vide, j’observe avec ennui l’aube prête à se lever. En bas, la nouvelle police et ses recrues sillonnent les rues vides dans l’espoir de trouver quelques passeurs, ou même des citoyens réticents. Mais de mon point d’observation, je peux leur assurer qu’ils ne trouveront personne. J’imagine un instant la vie que doivent avoir ceux qui s’opposent au gouvernement. Vivre caché, mais avec la permission de rire. Des bruits de pas sur le béton me font tourner la tête. L’homme de main de mes parents adoptif s’approche en me tendant une pochette cartonnée dont l’épaisseur me rebute d’avance. Mais j’ai bien appris mon rôle. Je ne sais pas qui je suis, mais je sais qui je doit être. Lorsque mes doigts fins touchent le carton souple, je sens un pincement au fond de mon être. Mon cœur n’aime pas ce job. Ma tête non plus. Mais mon sens du devoir l’emporte sur mes convictions. L’homme repart sans un mot, me laissant seul en haut du seul endroit où je me sente chez moi. Pourquoi ma maison d’âme doit-elle être ouverte au quatre vents et vide de tout souvenirs ? La main serrée sur le carton beige, j’hésite à l’ouvrir maintenant. Les gens ne sont même pas levés. Alors que, dès que j’aurai ouvert cette pochette venue d’un supérieur, je serai forcé d’aller cherche celui dont le nom est inscrit en caractère d’imprimerie sur une feuille officielle. Je passe une main sur mon ventre, caressant à travers ma chemise de coton blanc la cicatrice barrant mon abdomen. La grande horloge virtuelle placée sur la bâtiment du gouvernement indique clairement quatre heure trente du matin. La population n’étant levée qu’à sept heure … Je me vois assez mal surgir comme un diable de sa boite dans l’appartement d’un pauvre bougre dont la seule faute aura été d’avoir une particularité trop intéressante pour qu’on le laisse filer. D’un autre côté… J’adore faire peur. Le vent souffle encore sur les cimes, s’engouffrant sous mes vêtements et léchant ma peau. Surplombant le centre-ville, je me sens maître du monde, et cette sensation me grise une seconde. Puis la brise me trahie, ouvrant d’un coup sec la pochette entre mes mains. Le visage sur la photo me fait horreur. Quel âge peut-il bien avoir. Douze ans ? Treize ? Son nom est typiquement japonais, son adresse dans l’ancienne rue commerçante. Ma fâcheuse manie de partir au quart de tour m’ayant apportée suffisamment d’ennuis ces temps-ci, je décide de suivre la procédure dans les règles. Quelque chose au fond de moi me chuchote que c’est surtout pour laisser encore un peu dormir cette famille qui ne va pas tardée à être anéantie. Ma tête incendie mon cœur de mille noms effroyable. Sans grande conviction, mes doigts tournent les pages et mon cerveau englobe toutes ces lettres couchées sur du papier de qualité. Sous mes pieds tournent encore les patrouilles, et une voiture aux vitres teintées passe sans s’arrêter, mettant au garde à vous la bande de rigolo qui se prend au sérieux. Les ordinateurs sur les multiples faces des buildings s’allument dans une synchronisation qui fait peur à voir. Le dossier que je tiens entre mes mains parle d’un pauvre gosse ayant compris les intérêts et les failles de notre dispositif gouvernemental. Qu’il en comprenne l’intérêt n’est pas intéressant, ça en fait juste un bon citoyen. Mais la découverte des failles… Je comprends qu’on veuille l’avoir. Être surdoué est une malédiction de nos jours. Remuant un à un tout les muscles endoloris de ma pauvre carcasse, je me redresse enfin et pose avec précaution le carton au pied du rebord de sécurité que je ne respecte jamais, dans le but évident de le protéger du vent. Il serait stupide qu’un citoyen ou un passeur tombe sur une feuille envolée n’est-ce pas ? Si j’en étais aussi persuadé, je le rangerai bien à l’abri dans la consigne faite expressément pour ça, dans le petit bureau de police au pied du bâtiment. Tout mon corps m’interdit de faire une telle preuve de zèle. Qu’importe. A pas lents, je descends l’escalier menant dans les rues froides. Chaque fois que je me balade ainsi à l’aube, je repense aux longs couloirs de l’hôpital, lorsque je n’arrivai pas à dormir, trop angoissé, et que je sortais pour prendre l’air. Cette ville sent la maladie. Mais j’ignore si cette gangrène vient des passeurs ou du gouvernement. C’est pour cette raison que ce matin encore, je traque un malheureux gamin. Ne résonne pas encore l’incontournable voix grésillante « No Talk, No Play, No Love ». Et le silence est une véritable bénédiction. On entend que mes bruits de pas, le vent s’engouffrant dans les ruelles, le frottement de mes jambes, provoqué par le jean tombant que j’ai enfilé à la va-vite hier soir en sortant. Mère va encore hurler à la mort. Mais c’est si bon de passer la nuit dehors, et puisque j’en ai le droit grâce à mon statut, je ne vais pas me priver. Au diable le couvre feu, je suis au dessus de ça. En tournant dans une rue, je trébuche sur le trottoir. Agacé, je continue ma route mais reste accaparé par l’incident. Malgré moi, je passe la main sur les multiples blessures qui couvrent mon torse. Depuis que je suis sorti de l’hôpital, ma réputation de casse-cou a fait le tour des gens me connaissant. La moindre erreur est pour moi synonyme de faiblesse. Mon but quand je suis sorti hier n’était pas uniquement de sortir de la prison dorée qu’est cette maison, mais également de me faire mal. Je ne suis pas un psychopathe, mais j’ai besoin de garder espoir. Même si c’est utopique, l’espoir, à Tokyo.

[hj: désolée, j'ai finalement recommencé vu que ça ne me plaisait pas. C'est un peu court... Pardon -.-]
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Kiseki Yaren

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MessageSujet: Re: Tokyo, ville de lumière [PV Yaren]   05.04.09 15:11

[HJ : Tu sais, pour moi c'est pas exactement court de faire 1000 mots XD *fait plus parfois mais cette taille de post est sa moyenne* Bon, tout en espérant que ma réponse te convienne~]

Foutue matinée. Ou plutôt, foutu réveil qui a encore décidé de sonner trop tôt. Tch, tout est vraiment déréglé dans cette ville stupide. Ou peut-être que tout est juste trop parfait… Bah, quelle importance ? Yaren se fiche carrément de ça. Tout ce qu’il voudrait, ce matin, pour ne pas dire cette nuit vu l’heure qu’il est, c’est dormir. Une bonne dizaine d’heures de sommeil n’a jamais tué quelqu’un, si ? Bon, il y a au moins un avantage au fait de se lever aussi tôt… C’est mieux que d'être réveillé par le bruit insupportable de ces stupides sirènes. Tout en baillant, l’adolescent passe une main dans ses cheveux ébouriffés pour jeter un coup d’œil à son réveil, posé sur sa table de nuit. C’est pas humain de pouvoir se réveiller aussi tôt… Voilà ce qu’il conclu de la situation avant d’aller se préparer pour la journée, n’ayant pas la motivation suffisante pour se recoucher. L’appartement est silencieux, sans doute un peu trop et le garçon trouve ça stressant. Ça lui donne envie de mettre la radio à fond pour briser cette absence de bruit. Simplement, cela fait trop longtemps qu’il n’y a plus de musique à la radio. Ou alors se sont des chansons choisies par le gouvernement. Donc elles sont nulles, selon Yaren. L’adolescent enfile rapidement son uniforme scolaire, enfin… C’est juste une tenue grise, du même style que celles des autres habitants. A la seule différence qu’il y a un blason avec le nom d’une école gouvernementale dessus. Ça lui rappelle que ça fait un bail qu’il n’a pas été au lycée. De toute manière, ce lieu lui fout plus les jetons qu’autre chose. Ce qui est un peu normal quand on voit tous ses gamins qui ressemblent à des robots et qui suivent le système sans se poser de questions.

Pourtant, en un sens, Yaren aimerait bien leur ressembler, parfois. Ça doit être bien de pouvoir être un pantin qui ne passe pas son existence à vouloir fuir la réalité… Tout en se regardant dans le miroir de la salle de bain, il se tire la langue. Quelle pensée dénuée de sens. Jamais il ne renoncera à sa manière de penser. Enfin, tant qu’il sera en vie. Et tout le monde sait à quel point c’est simple de mourir à Tokyo. Il suffit de franchir la ligne d’un demi-millimètre et bang. On existe plus. S’il avait plus de courage et moins de peur, Yaren serait sans doute passeur, une de ces personnes courageuses se battant pour la liberté de tous. Simplement, ce n’est pas son genre d’être trop téméraire. Il fini de se coiffer avant de sortir de la petite pièce grise pour se diriger vers la porte d’entrée. Cette envie de sortir, de ne pas rester enfermer, le consume de l’intérieur. Cependant, c’est un brin, pour ne pas dire ‘très’, idiot de vouloir transgresser le couvre-feu. Et même ce crétin de Kiseki ne s’amuse pas souvent à le faire. Pourtant, aujourd’hui, il a décidé de sortir et rien ne l’arrêtera. Enfin, ça il n’en sait rien pour l’instant. L’adolescent passe devant la chambre de son frère sans faire de bruit, il ne manquerait plus que ce crétin se réveille pour lui gueuler dessus.

Après avoir enfilé sommairement ses chaussures, il pousse la porte d’entrée, avant de la refermer doucement derrière lui. Un soupir lui échappe tandis qu’il songe qu’il a fait uniquement la partie la plus facile. Parce que le plus dur, ce n’est certainement pas de sortir mais plutôt de pouvoir revenir entier. Bah, il s’inquiétera de cette partie plus tard.
A Tokyo, même la brise matinale à quelque chose de métallique, de froid. C’est désagréable, certes, mais c’est déjà mieux que de rester enfermer dans un appartement quasiment vide. Yaren fourre ses mains dans les proches de sa veste d’uniforme. En dessous de cette dernière, qui est ouverte, il porte un vieux t-shirt à son frère, avec le texte ‘Just live your life !’. Ironique, pour l’époque. Un soupçon de provocation de la part d’un gamin qui ne saisit même pas à quel point sortir aussi tôt est dangereux. Yaren fait attention à longer les murs et à ne pas faire de bruit. Après tout, s’il croise une patrouille, il risque gros. Même s’il a sans doute l’habitude.

Un brin prit dans ses pensées, il ne réalise que trop tard qu’il y a d’autres bruits de pas qui résonnent sur le sol froid. Immédiatement, l’adolescent se mordille légèrement la lèvre inférieure avant de se rendre compte de son erreur. Toujours faire attention. Tch. Il y a une autre personne qui marche dans la rue où il est actuellement. A l’autre bout de la rue, il aperçoit ainsi une silhouette qui marche dans sa direction. Aoutch. Quelqu’un traînant ici à une heure pareille n’est jamais une bonne chose. Soit c’est un ennemi, soit c’est… Bon, il y a peu de chance de croiser un passeur ou un individu assez idiot pour occulter le couvre-feu, hein ? Lâchant sa lèvre, qui ne lui a strictement rien fait, Yaren tente de reculer un peu, comme pour retourner dans les ombres. Histoire de faire comme s’il n’avait vu personne. Après tout, avec un peu de chance, le fait que la ville soit encore plongée dans l’ombre pourrait lui porter chance. Tout en croisant intérieurement les doigts pour ne pas que l’autre personne se soit aperçue de sa présence, il tente de calmer sa respiration, qui est devenue un peu trop rapide. A cause de la peur mêlée au stress sans doute. Le gamin n’a pas spécialement envie de s’attirer des problèmes inutilement… Et puis, mourir à dix-huit ans semble une mauvaise option. Après tout, il n’a encore quasiment rien fait de sa pathétique existence...

Intérieurement, son esprit lui hurle de courir, que si jamais il était assez rapide il aurait une chance… Simplement, le cerveau semble penser que la position statue est plus adaptée à la situation. Alors, il reste là, sans oser faire le moindre mouvement, tout en essayant de maintenir son calme. Parce que se serait idiot qu’il entre dans une crise de colère idiote, comme il sait si bien le faire.
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So Yi Joon

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MessageSujet: Re: Tokyo, ville de lumière [PV Yaren]   05.04.09 21:47

Ma première sortie en ville fut mémorable. Agé de seize ans, je me conduisais pourtant comme un gamin de cinq printemps. Quoique ici, les saisons ne sont que des mots, puisque toutes les saisons sont composées du même ciel gris. Courant avec enthousiasme, je posais mes mains de pianiste sur les vitrines poussiéreuses du centre-ville, la mine béate d’admiration devant cette ville lugubre et grise. Loin derrière moi se tenait le couple étrange que forme mes parents adoptifs. Ils m’ont laissés faire. Pour que j’apprenne. Mon échine se souvient encore du coup de matraque qu’elle a reçue. Tout mon pauvre corps s’est aplati sur le bitume, me coupant le souffle. Le silence qui régnait m’a abasourdi plus que la surprise du choc. Un second coup de l’objet de bois dans mes côtes m’a arraché un cri de douleur. Et ça a déclenché dans mon corps un souvenir. J’ai eu le besoin irrépressible de sauter à la gorge de l’homme qui s’en prenait à moi. Mais il n’y avait pas d’images, pas de sons, pas d’odeurs sur ce souvenir là. Juste… Mon corps qui réagissait à quelque chose qu’il avait déjà vécu, ou qui y ressemblait. Alors aujourd’hui, je cherche. J’hésite et je tâtonne en marchant dans les rues. Provoquer des réactions semblables à celle de cette fois là.
Le visage souriant du gamin que je vais chercher tourbillonne dans ma tête. Mes lèvres s’ouvrent en un sourire de chasseur ayant trouvé sa proie. J’irai chercher ce gamin. Mais à une condition. Attrapant le portable gris dans la poche intérieure de mon blouson en cuir, je compose l’unique numéro autorisé dans cette ville pourrie. L’ordinateur. Celui qui régit tout. Ma demande est prise en compte, et j’attends en continuant de marcher, d’un pas plus ferme cette fois. La voix de ma supérieure résonne enfin dans le combiné. J’inspire profondément. Kira ne peut pas me refuser ça.

- Kira ? Le gamin… Laisse le moi.

Son rire faux résonne un instant tout contre mon oreille. Je l’imagine sans problème, ses jambes vertigineuses allongées sur un bureau, ses boucles châtains encadrant son visage somptueux. Dire que cette fille est un démon. À chaque fois que je pense à elle, je la vois dans une petite tenue d'hôtesse de l'air. Oui oui, même avec le képi. C'est plus fort que moi.

- Qu'est-ce qu'il a de particulier ?

- Il m'a tapé dans l'oeil.


Les rues grises forment un labyrinthe dans lequel je ne me perds jamais. Par habitude, je regarde mes pieds en parlant, absorbé dans la discussion. Enfin, ce n'est pas vraiment mon interlocutrice que j'écoute, mais plutôt les bruits qu'il y a derrière. Savoir où ma supérieure passe son temps libre est une de mes grandes interrogations. C'est peut-être parce que j'étais aussi attentif au moindre bruit pouvant la trahir que je l'ai entendu. Relevant la tête, je n'ai qu'à peine le temps de voir une jambe s'évanouir dans l'obscurité. Vous savez ce que ressens un chasseur lorsqu'enfin, il trouve un gibier ? L'adrénaline dans le moindre recoin de mes veines. J'entends encore le rire cristallin dans le combiné quand je raccroche. Pourquoi je n'ai pas décidé d'être un bon citoyen, à part mes parents ? Parce que la sensation de frayeur me rend fou. De joie. J'adore faire peur. C'est ma vengeance pour la peur que moi je ressens à chaque seconde qui passe. Père me traite de psychopathe dans mon dos, croyant que je ne l'entends pas. Je suis surement l'une des personnes les mieux informées de cette ville, alors les critiques à mon encontres passent rarement inaperçues. Qu'importe. À pas feutrés, j'avance jusqu'à l'ombre où se dissimule mon mystérieux inconnu. Je n'ai qu'à tendre la main pour lui frôler la joue. Et je ne me retiens pas. Pour lui planter mon doigt dans la joue de la façon la plus enfantine qui soit. Pitié qu'il ou elle ne hurle pas, mes pauvres oreilles ont déjà bien assez souffert ces derniers jours. Étant donné l'entrée en matière assez gentillette que je viens d'effectuer, autant m'amuser un peu. J'attire finalement le malheureux citoyen par le col de la veste pour le mettre à la lumière blafarde d'un des malheureux lampadaires nouvelles génération qui n'éclaire que ton nez et qui sont si efficace qu'on peut rentrer dedans sans voir qu'ils étaient là. C'est qu'il est mignon comme tout le gamin. Il porte encore l'uniforme de son lycée.

- C'est pas bon pour toi les excès de zèle petit.

Quoique non. Il n'a vraiment pas l'air d'un jeune motivé par les études. Surtout les notre. L'aube au dessus de nous pointe son nez timide, peignant d'orange les bâtiments grisâtre de la ville. La fin du couvre-feu n'est malgré tout pas pour tout de suite. Relâchant un peu la pression de mes doigts sur le tissu, je dévisage le pauvre fou qui brave les interdits gouvernementaux sans prendre un minimum de précaution. Je fait des efforts pour ne pas être discret justement dans le but d'éviter ce genre de rencontre. J'en fais quoi de lui moi maintenant ? Reportant mon attention sur les ordinateurs allumés sur les immeubles, je réfléchis à toute allure. Kira va me réduire en bouillie si je le laisse partir. Et pire encore si je m'occupe de lui un peu trop méchamment.

- Flûte.

La main qui n'est pas occupée à retenir mon tendre compagnon de nuit passe dans mon cou, caressant la cicatrice à sa base. Mon oeil me lance, m'arrachant une grimace de douleur. Ce n'est franchement pas le moment d'avoir une faiblesse physique.

- Allez viens.

D'un mouvement du poignet, je tente d'obliger l'adolescent à me suivre dans les rues lugubres de Tokyo.

[hj: décidemment... j'aime pas ce que je fais]
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Kiseki Yaren

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MessageSujet: Re: Tokyo, ville de lumière [PV Yaren]   05.04.09 23:39

Yaren se dit parfois que son frère à raison lorsqu’il lui sort qu’il a un don pour s’attirer des problèmes. Mais, d’un autre côté, ce n’est pas vraiment de la faute du gamin. Après tout, si son père n’était pas un chien du gouvernement, peut-être qu’il mènerait une vie meilleure et qu’il ne passerait pas son temps à vouloir fuir Tokyo. Sans doute que s’il était devenu un passeur, il serait plus doué pour se camoufler et éviter de se faire surprendre n’importe où. En tout cas, que se soit pour les conflits au lycée ou les balades dans les rues hors couvre-feu, l’adolescent arrive toujours à s’attirer les problèmes. A croire qu’il est une victime, ou un coupable, idéal. Tch, pas de chance. C’est sans doute à cause de cette étrange aptitude qu’il possède d’être au mauvais endroit au mauvais moment, qu’il se fait repérer. Et tenter de reculer pour se fondre dans les ombres ne sert à rien. Il n’a pas été assez rapide, ses gestes ont été trop maladroits. C’est ça aussi d’être trop curieux. Il aurait mieux fait de fuir, au lieu de tenter d’écouter la conversation téléphonique de l’inconnu. Mais ce n’est pas de sa faute… Il aime savoir, il a besoin d’apprendre des choses. Peut-être parce que ça lui fait du bien de connaître des détails sur cette ville. Ou alors, ça ne fait que renforcer sa paranoïa ambiante. Qui peut savoir… Le garçon semble retenir son souffle, tandis que tout son corps se tend en observant la silhouette sombre qui s’approche de lui. Le lycéen déteste se sentir faible, il ne supporte pas de ne pas pouvoir contrôler ses propres mouvements. La peur le fait frémir. Et ce n’est pas agréable du tout. La sensation de la peur est mauvaise, manipulatrice, elle le vide de ses forces en quelques secondes. Il se sent paralysé, comme un insecte prit dans la toile d’une araignée.

Il y a un contact léger, presque doux sur sa joue, mais ça n’a rien de rassurant. Et l’adolescent sert les poings tout en sentant le doigt s’enfoncer dans sa joue. Il laisse échapper un grognement, comme un animal qui veut qu’on le laisse en paix, tout en lançant un regard noir à la personne en face de lui, même s’il a du mal à la voir dans la pénombre. L’adolescent déteste être touché. Et le simple fait d’être aussi proche de quelqu’un physiquement lui tape sur le système. Pourtant, alors que des mots se forment dans sa gorge, histoire d’exprimer un brin sa rage, il est interrompu avant même d’avoir le temps de les dire. La main sur le col de son haut lui donne envie de se débattre, de frapper. Cependant, il est encore trop tétanisé pour faire ça. La lumière du lampadaire lui est désagréable quelques instants mais ne l’empêche pas de vite retrouver ce qu’il voulait dire. Il se fiche bien de qui peut être l’individu devant lui… Pathétique gosse trop colérique pour réfléchir avant de s’exprimer. Son ton est celui d’un gamin prit en faute refusant d’admettre son erreur. Le mot 'petit' ne lui plaît pas du tout.

-Je ne suis pas un gosse ! Lâchez-moi !

Est-ce qu’il pense à ce qu’il risque ? A qui pourrait être cet autre être humain en face de lui ? Si ça se trouve, c’est un ennemi, quelqu’un qui va le tuer. C’est dommage, il est trop stupide pour s’en soucier. Peut-être plus tard. Si ça se trouve, il pourra s’enfuir. Ou alors, ce sera la dernière fois qu’il verra l’aube. Un instant passe. Un mot échappe à l’aîné. Et Yaren attend. Quoi ? Une réaction. Une chance. N’importe quoi. Et la réponse qu’on lui donne n’est pas celle qu’il voudrait entendre. La grimace de douleur sur le visage du l’autre ne le trouble pas, il ne la remarque pratiquement pas. Il est trop prit par sa colère. Peut-être qu’il y reviendra plus tard. C’est toujours plus tard avec Yaren de toute manière. Venir ? Pour aller où ? A la mort ? C’est hors de question ! L’adolescent tente de planter ses deux pieds dans le sol, de ne pas bouger. Pourquoi est-ce qu’il ferait le moindre mouvement ?

-Nan, je ne veux pas venir avec vous !

Son ton sonne une fois de plus entre caprice et colère. C’est ridicule. Il devrait se taire. Cependant, on ne changera pas, pour le moment tout du moins, ce sale gamin arrogant. Il a beau crier, se plaindre, il ne fait pas la moindre tentative pour fuir. Son corps recommence un peu à retrouver de sa mobilité, grâce à la colère, mais il ne se défend pas. Après tout, même ce lycéen qui veut s’éloigner du système peut comprendre que se serait encore pire de se rebeller. Alors pourquoi n’obéit-il pas ? Ce Yaren, toujours aussi contradictoire. Il ne sait même pas ce qu’il veut.

-Vous êtes qui d’abord ?!

Il retient le terme ‘enfoiré’ au fond de sa gorge. Par instinct de conservation dirons-nous. Se serait bête de se faire tuer pour un simple minuscule mot de trop. Cependant, ça ne l’empêche pas de conserver son air de sale gosse, même s’il est en position de faiblesse. Ce n’est pas à lui de poser des questions et ça, il sent très vite qu’on va lui faire comprendre. Et sans doute d’une manière assez directe pour qu’il le retienne. Mais, pour l’instant, la peur s’est changée en adrénaline et c’est suffisant pour faire perdre les quelques neurones qui restent à Yaren.
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MessageSujet: Re: Tokyo, ville de lumière [PV Yaren]   06.04.09 21:55

De tout temps, il y a eu des ennemis. D'où qu'ils viennent et quels qu'ils soient, il a fallu apprendre à vivre, ou plutôt survivre. La force de ceux qui ont survécu est d'avoir su s'adapter. L'homme n'a pas de griffes et pas de crocs, mais il a un cerveau. Cette arme là ne devait être que la sienne, mais elle s'est retournée contre lui. Utilisée à mauvais escient, l'intelligence humaine est devenue dangereuse pour ses propres créateurs, créant de nouvelles armes, de nouvelles façon de dominer. À certaines époque, autocratie est devenue anarchie, et inversement. Mais les deux ont sombrés. Deux fois dans l'histoire, ces deux régime ont faiblis et laissés place à la dictature d'hommes de folie. Aujourd'hui cette dictature est pire que les autres. Parce que ce n'est pas contre un homme qu'il faudra se rebeller. Mais contre nous. Contre la nature même de ce que nous sommes. Humains. Tokyo est tombée. Ville étincelante et désirée. Ses habitants vivent aujourd'hui dans la crainte d'eux même. Nous ne somme plus. Le Japon a sombré.
Un frisson me parcourt l'échine. Ce livre a été brulé il y a des années. Mais ce passage, lu à la sauvette dans la bibliothèque de mon père, ne s'efface pas de ma mémoire. Ceci est pour moi la seule preuve qu'il y a eu un avant et un après. Même si je ne connais que l'avant. Celui qui a écrit ces quelques lignes était peut être un bonimenteur, ou bien pire. Pourtant, le sentiment d'horreur sans nom qui m'envahit à chaque fois me brule la gorge et les poumons. Tokyo s'est adaptée à l'intelligence de l'homme. Cette dernière s'est-elle retournée contre ceux qui pensaient la diriger? J'ai perdu toute notion du monde et de l'espace. Et les yeux brillants de fureur de cet adolescent sont une bûche de plus à mon brasier. Sa réaction est celle d'un instinct de survie que tout animal développe en situation dangereuse. Sauf moi, je suis l'animal le plus stupide, puisque je fonce tête baissé dans les ennuis. Preuve en est ce gamin que j'aurai déjà du renvoyer chez lui avec une amende et son matricule inscrit sur une feuille officielle. Soit j'ai bon coeur, soit je me ramolli du cerveau. Je ne sais pas laquelle des deux possibilités me dégoute le plus.
Alors que je pensais le voir me suivre sans faire d'histoire, ou au moins sans faire de bruit, cet abruti fait tout l'inverse. Je ne réagi pas tout de suite, surpris qu'un tel marmot me parle sur ce ton. Il a quoi, dix huit ans maximum? Ses parents ne lui ont jamais appris à la fermer ?! La seconde fois, j'avoue voir rouge. De quel droit refuse-t'il d'obéir, l'avorton ! Menaçant, j'effectue un pas en arrière, dans sa direction. Tout aurait pu très bien se passer. J'aurai pu jouer le gentil gars, comme il m'arrive régulièrement de le faire. M'attaquer aux gosses, c'est pas trop ma tasse de thé. Je lui aurai flanquer les pétoches sur quinze mètres et je l'aurai finalement abandonné comme un lâche sous un porche avec ordre de ne pas bouger jusqu'à la fin du couvre-feu. J'aurai même pu pousser jusqu'à vérifier que personne ne le trouve.
Il y a trois chose vitale qui régissent la vie de l'être humain: la peur, la faim et le désir. Ces trois sentiments, qui n'en sont pas vraiment, sont source de nos faiblesses, de notre orgueil, et pire que tout, de notre déchéance. Quelque soit le nom que les religieux leur ai donné, et bien qu'on les dénombre aujourd'hui en sept péchés, elle ne sont en réalité que trois et sont l'essence même de notre existence. Les chiens se battent entre eux pour un morceau de viande, avec une bestialité parfois plus sauvage même que des loups. Ces mêmes chiens, mu par la terreur, deviennent d'affreuses bêtes sanguinolante, dont l'instinct de survie s'est transformé en peur, cette peur qui vous prend les entrailles pour vous rendre fou et prêt à n'importe quoi. La dernière chose qui rend ces chiens plus dangereux qu'un revolver chargé, est leur désir. Le besoin que leur race ne s'éteigne pas. À quoi bon s'être battu pour survivre sinon. Mais nos enfants ? Voulons-nous vraiment leur donnez ce futur qui se profile? Dites moi, gens de Tokyo. Aimeriez vous voir votre sang grandir dans la terreur et la faim ? Jusqu'à ce que l'espèce humaine s'éteigne comme une flamme soufflée trop rapidement ?
Un bruit de pas sur le bitume noir. Furieux, je me jette sur le gamin pour le plaquer contre le mur, une main fermement collée contre sa bouche. Un mélange d'appréhension et de colère menaçant d'exploser, je fais mon maximum pour ne pas hurler sur la carcasse du japonais et prie pour qu'il évite de me mordre la main ou toute autre bêtises dans ce genre. Hyousuke ne sert à rien s'il n'est jamais là quand j'ai besoin de lui. Si ça se trouve, j'ai rêvé, et ce bruit de pas sort uniquement de mon esprit perturbé. Bien que le tout n'ai pris qu'une demi seconde, j'ai l'impression d'être là depuis des heures. Lentement, je penche la tête jusqu'à pouvoir chuchoter dans le creux de l'oreille de l'adolescent, qui semble d'ailleurs toujours aussi hors de lui.

- Encore un mot, et on est foutu tout les deux.

Ce n'est pas tout à fait vrai. Lui, c'est sur. Moi, je pourrai éventuellement m'en tirer. Mais le prix à payer pour ça étant trop hideux pour que je l'envisage, je préfère faire comme s'il n'existait pas. À la rigueur, j'aimerai même mieux qu'on me torture, ça au moins je sais y résister.
Ils ont créés l'arme parfaite. Elle ne se voit pas, ne se sent pas, ne s'entend pas. Elle ne tue même pas. Mais elle fait des ravages si conséquents que nul ne peut la dédaigner. L'intelligence, qu'elle soit artificielle ou non, peut contrôler qui nous sommes et rendre fou celle d'un autre. La psychologie. Il fut un temps où on l'enseignait dans les lycées. Aujourd'hui, elle est réservée à l'élite, mais son application n'est plus symbole de valeur, de réflexion. Aujourd'hui, savoir manipuler son cerveau et celui des autres est une preuve de fanatisme et de masochisme chronique. Certains sont devenus nos guides dans cette société sombre que nous avons nous même formés et qu'aujourd'hui plus que tout autre chose nous redoutons. Il y a des siècles, c'était la punition divine, aujourd'hui notre plus grande crainte est d'être rejeté par le système. Les fleurs ne s'ouvrent plus parce qu'il est temps pour elle, mais parce qu'on l'y oblige. L'homme utilise sa seule arme sans savoir la manipuler correctement. Nous avons mis entre les mains d'un enfant de deux ans un jouet dont la puissance équivaut à un nouveau big bang.
Mon dos souffre encore des coups donnés par Mère lorsqu'elle m'a trouvée à dévorer ces livres d'Avant. Pour moi, ce ne sont que des contes, les élucubrations ésotériques d'auteurs désirant, tout comme moi, se créer un monde idéal où l'on n'a pas avoir peur de son propre gouvernement.
En sentant la première respiration du gamin sur mes doigts, je réalise que je me perd facilement dans mes pensées. Même si je n'ai eu l'impression d'entendre ce bruit de pas que depuis trente secondes. Je le dévisage longuement, hésitant. Est-ce que je peux le lâcher sans prendre le risque qu'il se mette à hurler à la mort en courant dans tout les sens comme un possédé ?

[hj: oh ouais, je commence enfin à faire des RP qui me conviennent >o< ]
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Kiseki Yaren

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MessageSujet: Re: Tokyo, ville de lumière [PV Yaren]   06.04.09 22:54

S’il y avait un cours dispensé au sujet de la politesse et de la maîtrise de soi, nul doute que les notes de l’adolescent y seraient catastrophiques. C’est la même chose depuis plusieurs années de toute façon. Cette étrange routine qu’il suit sans même y prêter attention. Si la foule marche à droite, il tentera d’aller à gauche. Si on lui dit d’étudier et de se laisser manipuler bien sagement, il se défendra autant que possible. Est-ce une vague notion de survie implantée dans son cerveau ? Ou bien juste un comportement fait pour prouver qu’il est contre, qu’il ne veut pas du système ? De toute manière, qu’il soit un marginal voulant détruire le gouvernement ou un gamin en pleine crise d’adolescence, le résultat est le même. Sa destinée est déjà tracée. Un ou deux ans. Voilà ce qui lui reste sans doute à vivre. Peut-être un peu moins, peut-être un peu plus. A force de jouer avec les feu, d’ignorer les règles un peu plus chaque jour, il va finir par se brûler. Et si jamais ceux qui ont tous les droits vous surprennent à trop aller dans la mauvaise direction… Eh bien, vous disparaissez juste de la surface de Tokyo. Enfin, c’est ce qui se dit. De simples rumeurs ? Qui peut savoir… Yaren ne se soucie pas des détails, il n’est qu’un gamin un peu idiot, il ne réalise pas. Quoique… Ne dit-on pas que les plus jeunes voient mieux la vérité que leurs aînés ? Ou alors c’est peut-être l’inverse…

Il s’apprête à hurler de nouveau, à déverser sa rage sur cette personne qu’il ne connaît même pas. Provoquer, blesser, ça lui semble tellement normal. Après tout, l’adolescent n’a quasiment que cela pour s’exprimer. La violence ne résoudra jamais exactement les problèmes, mais ça soulage un brin parfois. Cependant, il n’a rien le temps de faire. Si ce n’est d’écarquiller les yeux tandis que son dos heurte le mur et qu’une main est plaquée sur sa bouche. Il ne s’attendait pas vraiment à quelque chose de ce type. Le silence plane, quelques instants. Si jamais il s’est passé quelque chose, qu’un bruit ait résonné sans même qu’il ne s’en aperçoive, c’est à cause de la colère qui l’anime. Elle lui fait perdre la notion de prudence. C’est pour ça qu’il s’apprête à mordre, de toute ses forces. Pour faire lâcher cet homme qui serait sans doute en mesure de mettre fin à son existence sans le moindre problème. Yaren ne le mord pas. L’adolescent cesse de faire le moindre mouvement. Il laisse ses bras retomber le long de son corps tandis qu’un léger frisson le traverse, lorsque la phrase prononcée par cet homme mystérieux parvient à ses oreilles. Le gamin déteste obéir, mais la peur de perdre sa vie est assez forte pour lui permettre d’agir de manière moins idiote que d’habitude. C’est fou comme une simple action peut ramener quelqu’un à la réalité. Qu’est-ce qu’il fiche, hein ? Ce lycéen un brin irréfléchi… Ça n’a aucun sens de vouloir tout détruire, même sa propre vie. Surtout quand on sait à quel point la peur de disparaître est forte. L’humain est faible mais il est tenace et, lorsqu’il s’agit de vivre ou de mourir, il fait tout pour sauver sa peau.

Yaren est humain, alors il est comme les autres. Ses mains se posent doucement sur le mur derrière lui, tandis qu’il tente de prendre appui très légèrement sur ces dernières pour décoller un brin son dos du mur. Pas qu’il souffre le martyr, mais ce n’est pas agréable d'être ainsi plaqué contre du béton. Lentement, son corps semble se détendre et la tension qui l’animait s’efface peu à peu, pour laisser place à un calme qu’il a rarement. Son regard sombre se pose alors sur la personne qui l’empêche de s’exprimer et il observe, pour la première fois, l’individu. Ennemi ou allié ? Il y a quelques secondes, sans la moindre hésitation, il aurait songé ennemi. A présent, il ne sait plus. Peut-être… Un ennemi moins ennemi ? Ça ne veut rien dire mais l’adolescent ne voit pas comment le formuler autrement. L’adulte semble être prit dans ses pensées et Yaren se contente de le fixer, sans trop savoir comment réagir. Il a presque envie de s’arrêter de respirer, pour ne pas troubler les pensées de sa nouvelle connaissance.

C’est idiot. Quelques minutes plus tôt, il voulait juste lui dire d’aller se faire voir… Et, à présent, il ne souhaite pas le déranger. Quel gamin lunatique. De toute manière, le moment est vite terminé et le cadet se retrouve à attendre le choix de celui qui pourrait être son bourreau s’il le désirait. Yaren ne sait pas de quelle façon réagir. Est-ce qu’il doit lui lancer un regard suppliant ou bien juste continuer à avoir l’air d’un condamné figé pour l’éternité dans l’attente d’une sentence qui ne viendra jamais ? Tout en tentant de réfléchir à cela, il essaye de fixer l’adulte dans les yeux, pour voir son regard de plus près. Le regard est la porte de l’âme. Il ne sait plus où il a entendu ça mais ça ne doit pas être faux. Yaren n’aime pas ses propres yeux, ils sont trop sombres et ils semblent toujours soient colériques soient mélancoliques. Ce n’est pas beau. Lorsqu’il arrive enfin à capter, après quelques secondes, le regard de son vis-à-vis, il ne sait pas ce qu’il y voit. Bah, ce n’est pas étonnant. Il n’est qu’un lycéen un peu bagarreur, pas un spécialiste du comportement humain. Le silence qui règne dans la rue est un peu pesant et le sale gosse se demande ce qui se passerait si quelqu’un les surprenait. S’ils n’avaient pas fait attention. La punition serait sans doute grande… C’est pour cela qu’il ne bouge pas. Un peu comme un animal domestique à qui on aurait dit de rester sans bouger quelque part et qui obéirait, inconscient du fait qu’on ne viendra jamais le chercher. Il ne saisit pas exactement pourquoi il le fait, mais il veut croire que ça lui évitera quelques ennuis. Soudainement, il détourne le regard pour se mettre à fixer un point invisible, sur le côté, incapable de continuer plus longtemps une bataille qui avait été perdue avant même de commencer.
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So Yi Joon

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MessageSujet: Re: Tokyo, ville de lumière [PV Yaren]   11.04.09 17:53

    La philosophie et l’intelligence. Seules armes des premiers hommes. Au cours de l’évolution, il a fallu développer ce qui pour nous remplace les griffes et les crocs. Les moins aptes à s’adapter n’ont pas survécu. « Et ils [les premiers hommes] se dressèrent sur leur pattes arrières, l’échine voûtée, avançant à pas hésitants sur ce qui n’était pas encore des sentiers battus. » S’adapter veut dire se battre pour survivre. Et ce n’est possible qu’en écrasant toute forme de rébellion. Pourtant, la rébellion est également une forme d’adaptation. Si l’on pense, et que le terme de cette pensée est qu’il faut agir pour la défense de la condition qui fait de l’homme ce qu’il est, alors on entre effectivement dans un mouvement allant à l’encontre des règles dictées. Pour autant, est-ce vraiment un mal ? La première raison pour laquelle on peut juger que non est qu’il faut faire des erreurs pour apprendre. La seconde, que l’objet des critiques ne peut que s’améliorer en prenant en compte les revendications à son encontre.
    Finalement, j’ai peut-être rêvé. Les secondes s’écoulent dans un silence pesant, mais personne ne vient. Les battements affolés de mon palpitant se calment peu à peu, jusqu’à retrouver un rythme normal. Avec toute l’expérience que j’en ai, ça ne prend guère plus de trente secondes. Mes cheveux blanchiront certainement prématurément. Plantant mes yeux dans ceux du gamin, j’enlève mes doigts de sa bouche boudeuse en espérant lui faire comprendre que le voir partir en hurlant, les bras s’agitant dans tout les sens, n’est pas la meilleur stratégie de survie.
    Tu sais comment se développe la peur ? Elle prend racine dans l’inconnu et les noirceurs de ton imagination, puis elle rampe comme un insecte hideux dans chaque parcelle de ton corps et de ton âme. Elle prend son temps parce que c’est comme ça qu’elle est la plus efficace. Son poison invisible se distille dans tes veines pour lécher et activer chaque source d’angoisse dans ton cœur. Elle est maligne tu sais. Elle paralyse tous tes muscles, mais tu ne le remarques que lorsque c’est trop tard. C’est la petite bête la plus insidieuse de la création. Des hommes ont tentés de la combattre, à l’aide de petites pilules ou de traitements capable de foudroyer un cheval. Mais elle est plus fine qu’eux. Tu sais pourquoi ? Parce qu’elle change d’habits et de visage selon sa proie. Sa seule ennemie, c’est la raison. Peu de gens savent combattre leur peur en utilisant leur rationalité. Et c’est pour ça qu’elle est devenue la meilleure arme de notre gouvernement.
    La nuit avait bien commencé. Mère était folle de rage dans son bureau suite à une convocation que j’avais superbement ignoré. La grande classe. On voyait les étoiles du haut de mon building. Et j’avais eu l’envie de m’amuser. Mais je n’aime pas perdre, et l’avorton que je me suis bêtement retrouvé en train de protéger à retourner l’avantage contre moi. Bien que ce ne soit qu’un gamin, j’ai fait par sa faute déjà trois erreurs. La plus grave étant d’avoir raccroché au nez de Kira. Je fais un pas en arrière, ne le lâchant pas des yeux. Ma main glisse jusqu’à son poignet, que je saisis fermement. En douceur, je le tire vers moi et commence à avancer à reculons.

    – On s’en va d’ici.

    Je passe le relais au Suiveurs si rationnel en moi. Jamais mon cerveau ne marche aussi vite que lorsque je pense en petit soldat du gouvernement. D’un autre côté, je n’aime pas trop penser par moi-même, mes conclusions sont trop noires. Ce que je dois faire de lui, premièrement, c’est savoir qui il est. Et ensuite, je pourrai le déposer dans un bâtiment où je serai sur que, même si on le trouve avant la fin du couvre-feu, on ne pourra pas faire de lien avec moi. Donc, pas un immeuble qui soit sur ma route initiale. Tu me compliques bien la vie jeune homme. Mais ça peut devenir intéressant, en fonction de tes réponses.

    – Dis moi ton nom.

    En espérant que cet imbécile de se remette pas à grogner comme un animal en cage et qu’il coopère cette fois. Puisque si la chance nous a sourit une fois, elle ne le refera pas une seconde. Avec précaution, je tente de l'attirer un peu plus loin dans la rue. C'est en posant un pied derrière l'autre que je remarque que je lui ai demandé son nom, et non pas le matricule, seule chose réellement utilise si je veux pouvoir le faire identifier par l'Ordinateur. Est-ce que je suis vraiment fait pour ça? Je ne crois pas. Mais je n'aimerai pas être à sa place, citoyen obligé de se taire. Je n'ai pas le caractère du battant qui se battrait pour sauver son peuple, comme les Passeurs. Mais je suis trop colèrique pour me laisser marcher sur les pieds. Alors j'ai choisi le seul camp qui me conviennent. Pas chef de bulbe, les responsabilités, moi, ça me donne envie de fuir. Mais exécuter un ordre et jouer le méchant... J'avoue sans honte que ça m'amuse. Et puisque c'est la seule chose que moi, inconnu numéro 446, je peux encore exiger de l'existence, je ne vais pas me géner.
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Kiseki Yaren

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MessageSujet: Re: Tokyo, ville de lumière [PV Yaren]   11.04.09 18:38

La liberté de pouvoir parler. C’est ironique à quel point ça peut vous manquer lorsque quelqu’un vous empêche de vous exprimer pendant ne serait-ce qu’une minute. Dès l’instant où il est libre, le garçon a envie de hurler, de se débattre et de courir. C’est étrange de voir à quel point son attitude et ses pensées changent, en quelques secondes. Il ne fuit pas. Il ne hurle pas. Peut-être parce qu’il se rend bien compte du danger qu’il y a dans ce type d’actions. Alors il se tait, tentant de calmer un peu la peur qui s’était emparée de lui plus tôt. Il n’y a personne mais peut-être qu’il y avait quelqu’un. C’est fou comme les gens sont craintifs de nos jours. No Talk. Ces deux mots reviennent dans l’esprit de l’adolescent tandis qu’il songe que le gouvernement à tort. Ils ne peuvent pas les empêcher de parler. Les gens chuchoteront toujours dans les rues sombres et jamais ils ne cesseront de s’exprimer. Mais, à présent, le lycéen saisit parfaitement pourquoi il trouve toutes ces doctrines stupides. Il a besoin de sa voix, de pouvoir dire ce qu’il ressent. Même si ses paroles sont parfois un peu idiotes et qu’il a une façon de parler un peu bancale, ce n’est pas important. La main qui agrippe son poignet le ramène à la réalité. Il déteste que les gens le touchent. En plus, la poigne est ferme et il sent bien qu’il ne pourra pas s’en dégager. Pourtant, l’autre n’est pas violent. Il ne le tire pas spécialement fort, c’est même plutôt l’inverse. Le gamin hésite quelques instants avant de se laisser entraîner, tout en jetant un bref coup d’œil à la rue déserte qu’ils laissent derrière eux.

« On va où ? »

Les mots lui échappent sans même qu’il ne cherche à les retenir. Et puis, ce n’est pas un drame de demander ça, hein ? Il a juste envie de comprendre un peu mieux sa situation. Mieux vaut savoir dès à présent s’il va se faire tuer ou non. Quoique… Il ne pense pas qu’il va mourir ce soir. Le ton du gamin est moins colérique qu’avant et son expression est plus tranquille, bien que méfiante. D’un autre côté, qui ne le serait pas en compagnie d’un inconnu qui l’entraînait à travers la ville à une heure où personne n’était sensé être dehors. Il suit cet homme mystérieux en traînant de moins en moins des pieds, finissant par marcher à son rythme en cessant de regarder partout autour de lui à la recherche d’une échappatoire. Lorsqu’on lui demande son nom, l’adolescent se mordille la lèvre inférieure quelques instants, hésitant à répondre. Si jamais il le donne, ça ne lui attira sans doute que des ennuis, non ? Bah, il en a déjà suffisamment, pourquoi en craindre un de plus ? Après tout, il fait pas mal de conneries, surtout en ce moment. C’est d’ailleurs miraculeux que personne ne se soit encore intéressé à son cas. Yaren mériterait un châtiment pour son refus d’acceptation au système. Mais bon, qui se soucie d’un adolescent rebelle qui passe son temps tout seul ? Au diable la méfiance et le reste. Autant répondre honnêtement et après il aura la paix ! Il cesse de se mordre la lèvre pour tourner la tête vers son vis-à-vis, tout en répondant, de manière un brin hésitante.

« Kiseki Yaren… »

Le gamin pourrait demander ‘Et vous ?’. Cependant, il a l’intelligence, pour une fois, de se taire. Comment s’appelle l’autre type, il s’en fout carrément. Un nom, ça ne veut plus dire grand-chose à cette époque de toute manière. Oh, Yaren déteste encore plus les matricules que le reste, d’ailleurs il oublie souvent le numéro du sien. Pourtant, même si les noms finissent par ne plus du tout servir, lui il continuera de se souvenir du sien. Parce qu’il y tient et qu’il ne veut pas s’en séparer. Tout en marchant, il tente de détailler un peu le visage de l’autre, histoire de s’en souvenir. Il n’a pas véritablement de raison de vouloir se rappeler son vis-à-vis, si ce n’est peut-être pour le dessiner. Parce que l’adolescent, passionné de dessin, adore représenter des gens qu’il rencontre, comme ça, dans la rue. Et comme il a une bonne mémoire visuelle, il lui suffit de regarder une personne quelques minutes pour pouvoir la reproduire plus tard. Au bout de quelques instants, il se rend compte qu’il fixe un peu trop ‘fixement’ son aîné et repose son regard droit devant lui, un air plus tranquille au visage. Ce n’est pas vraiment une promenade agréable par une douce mâtinée, mais c’est déjà bien. Si ce n’est qu’il aimerait bien que l’autre le lâche un peu, parce que ce n’est pas marrant de se faire traîner par le poignet.

« Qu’est-ce qui va m’arriver maintenant ? »


Lance t-il au bout de quelques pas, sans sembler effrayer ou curieux à propos de la situation. On dirait plutôt qu’il veut juste faire la conversation. Quel sale gosse lunatique quand même…
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